Lire dans les étoiles

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L’obscurité bat son plein. Il est près de minuit. Les aiguilles de l’horloge s’apprêtent à ne faire plus qu’une. Le chant des grillons rythme l’atmosphère et vous plonge dans un orchestre naturel. Le vent caresse la flore. Un air de pureté se glisse dans vos oreille. Un croissant de lune sillonne dans le ciel. Enlacé d’une mystérieuse brume, ses rayons habillent les étoiles d’un teint blanc féérique.

Assis sur le rebord de la fenêtre, vos pieds défient l’apesanteur. Plusieurs mètres vous séparent du sol, des centaines de milliers de kilomètres vous séparent du ciel. Pourtant, vous semblez plus proche de toucher les étoiles que de vous poser sur le macadam. Votre nuque forme un arc de cercle, votre menton est aspiré vers les cieux. L’automne fraîchement installé respecte la suite logique du calendrier. La douceur des nuits se voit perdre en température. Une vague de frissons vous traverse parfois.

Tout est calme autour de vous. En revanche, votre esprit lui, donne le maximum de son énergie. En effet, votre corps manifeste sa fatigue. Vous maintenez la même position sans bouger et ce, plusieurs dizaines de minutes, puis renouvelez l’opération. Votre esprit est lui, dans le désordre. Lorsque les couleurs du ciel viennent à s’éteindre, votre cerveau s’illumine. Les réflexions s’enchaînent et battissent un refuge de pensées. Des rêves, des peurs, des projets, des échecs, des joies, des peines… L’instabilité qui plane dans votre tête vous empêche de dormir. Des points d’interrogation sans justifications, aucune réponse à vos questions. Le doute occupe les deux sens de votre route.

Quelques voitures viennent parfois rompre brutalement le silence. Dans un sens, des lumières blanches, dans un autre, des lumières rouges. Les couleurs varient selon votre positionnement, selon leur direction. Vous examinez tout. Des détails que vous n’aviez jamais remarqué vous frappent alors. Le manque de luminosité vous pousse à observer les contours, les silhouettes, les ombres…

Vous êtes enfin libre d’être vous. Chacun des rôles qui peuvent vous contrôler tout au long de la journée ont pris congé. L’étudiant, le parent, le collègue de travail, le camarade, l’employé, le mari, l’ami, le fils, le chef d’entreprise, le sportif, le consommateur… Vous n’en avez probablement pas conscience, mais chaque jour, vous jouez plusieurs rôles. Ceux-ci vous font devenir telle ou telle personne, pendant un laps de temps et agir en conséquence. Votre comportement diverge selon vos rôles qui s’enchaînent naturellement tout au long de la journée, tellement que vous le faites inconsciemment. Vous arrivez à être plusieurs personnes en un seul jour. Mais, à force d’être plusieurs personnes qui vous caractérisent, savez-vous qui vous êtes réellement ? Cédez-vous l’authenticité de votre être face à votre comportement qui joue au jeu d’échecs ?
Le doute s’installe souvent dans la perte d’un pion, mais n’oubliez pas qui les a en main. Cette personne, c’est vous.
Pour dominer, il ne s’agit pas réellement de terminer la partie avec tous ses pions, mais de savoir lesquels vous mènent à la réussite.

Vous êtes seul, perché au-dessus du vide, loin du quotidien. Plus personne ne vous voit, plus personne ne vous entend, votre rôle d’acteur n’est plus depuis quelques minutes. Un moment de répit, un moment pour vous.
Un vieux proverbe dit que “la nuit porte conseil”, peut-être parce qu’elle vous permet de prendre du recul et réfléchir de votre propre personne, sans être influencée par tel ou tel rôle de la journée.

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Les étoiles scintillent. Certaines davantage que d’autres. Leurs lueurs, associées à votre imagination, dessinent un monde qui vous appartient.
L’obscurité est à son apogée, c’est pourtant à ce moment que vous y voyez le plus clair. Vous vous prenez au jeu. La sombre atmosphère se voit illuminée par vos rêves, vos projets… Votre ambition est alors sans trêve. Vous fermez les yeux, les étoiles sont toujours présentes. Vous ne pensez plus à la réalité des choses. Face à l’immensité de ce qui vous surplombe, ce qui vous préoccupait n’a plus de sens. Votre regard se noie dans un océan d’étoiles, à la profondeur infinie. Les doux rayons de lune colorent le liquide lacrymal de vos yeux, avant de remplir votre âme de bon sens. La nuit, le monde s’arrête. À présent, c’est à ce moment que le vôtre se construit.

Bien que la nuit effraie par son mystère, votre imagination prend ses repères. Ce que vos yeux ne peuvent identifier, votre imagination prend le relais. Vous remodelez tout. Si vous avez peur, vous fuyez votre créativité. Le manque d’informations effraie. Posez votre regard où vous le souhaitez et laissez votre monde se nourrir de coups de craie. La nuit est noire pour ceux qui ne mettent pas de couleur dans leurs réflexions.
Combien de fois vous imaginez-vous un monde meilleur avant de plonger dans les bras de Morphée ? Et maintenant combien de fois tenez-vous vos promesses de la veille, après le réveil ?
“C’est décidé ! Demain je…”.
Demain je ne fais rien.

Le lendemain, vous n’assumez plus vos pensées et placez la fatigue parmi les accusés. Vous jouez donc le rôle du rêveur jusqu’à trouver le sommeil, avant de tirer une nouvelle carte dès le réveil. Le courage, c’est aussi accepter et assumer qui vous êtes.

Chacune des étoiles cède place à des ambitions, certaines prennent davantage d’espace que d’autres. Mais ce n’est pas ce qui vous surprend le plus. Ce qui retient votre attention, c’est le nombre immense d’opportunités dans l’infini. Qui dit “infini”, dit sans limites. Au-dessus de votre tête, dans ce monde, un monde qui est vôtre, l’infini se limite alors à votre volonté.

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