Apparences – Partie 2

Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour vos lectures.
Afin d’obtenir une implication totale dans le texte, je vous invite dès à présent à vous référer à la Partie 1 de ce récit, pour vous plonger à nouveau dans le contexte. N’oubliez pas que vous avez la possibilité de lancer la musique en bas de page.  

Lancez la lecture aléatoire, effectuez une relecture rapide de la partie 1 et laissez la seconde partie de l’histoire vous inspirer…

– Lecture rapide de la partie 1 –


SUITE…

Après quelques minutes de concentration, vous apercevez quelque chose d’inhabituel flottant à la surface, entrainé par le vent, tel un voilier sur l’océan. Cet objet se rapproche progressivement de vous, le courant et le souffle permettent à l’eau de se déplacer et transporter ce qui navigue plus rapidement que votre marche n’en est capable.
Arrivé à votre niveau, l’objet est à présent identifiable. De sa couleur noire, il se camoufle merveilleusement bien dans l’eau sombre. Avec l’aide d’une petite vague, son apparence est entièrement dévoilée. Il s’agit d’une mallette, d’un noir obscur et mystérieux. La réflection de la lumière sur sa surface vous laisse imaginer sa conception d’un cuir de grande qualité. Elle parait en très bon état, quasi neuve et donc fraîchement échouée dans l’eau. Votre imagination alliée à votre capacité de déduction vous donnent une suite logique. Que cette mallette contient-elle ? Est-ce le fruit d’un trafic illégal jeté à l’eau lors d’une évasion, ou est-ce seulement l’accessoire indispensable d’un employé de bureau ? Et s’il s’agissait de la première hypothèse, quitte à ce qu’il y ait une infime chance que ce soit le cas, laisseriez-vous passer cette opportunité ? Après tout, ce n’est qu’un petit bain d’eau froide. Vous vous souvenez avoir vu à plusieurs reprises, lors du journal télévisé de 13 heures, des gens se baigner en plein hiver et en ressortir intacts. Vous imaginez, ne serait-ce que pendant une poignées de secondes, le changement de votre vie à l’ouverture de cette petite valise remplie de billets. Votre réflexion, de plus en plus orientée par l’espoir de trouver une somme d’argent importante à l’intérieur, déstabilise le corps de la logique et vous fait perdre toute lucidité. Vous ne voyez donc d’autres possibilités, vous défiez les probabilités autant que l’hypothèse d’une mallette remplie de billets et abandonnée au dépourvu ne le fait. Plus vous hésitez et plus l’objet vous dépasse, vous ne savez que faire. Vous accélérez alors votre foulée. Vous réalisez que quelqu’un d’autre pourrait également s’en apercevoir, plonger avant vous et ressortir millionaire de l’eau. La vie de rêve vous passerait, à l’image du vent, sous le nez, sans avoir la possibilité de s’en saisir. Vous devez augmenter à nouveau votre cadence avant de voir la mallette vous semer. Vous commencez à devenir suspect, vous marchez tel un champion olympique de marche athlétique lors de son dernier kilomètre à parcourir. Votre attention prononcée sur le fleuve risque de vous démasquer. Vous devez vous décider. Plonger ou renoncer. Rêver ou regretter.

L’eau trouble, le vent ravageur et la profondeur inconnue vous effraient mais ne vous épouvantent pas autant que l’idée de passer à côté de cette opportunité. Votre marche n’est pas assez rapide, vous commencez alors à trottiner. Le coût investi dans votre tenue vestimentaire vous rappelle à l’ordre. Vous décidez d’ôter vos chaussures, celles-ci vous ont coûté pas moins de quatre mois d’économies, pour y voir brodé une virgule sur les deux faces. Vous retirez d’abord celle du pied gauche, à cloche-pied, pour continuer d’avancer et limiter l’écart qui vous sépare de l’objet. Vous vous apprêtez à vous séparer de la seconde chaussure, quand vous réalisez que la chaussée s’apprête à se séparer du fleuve quelques dizaines de mètres plus loin. Plus de temps à perdre. Vous entamez un sprint peu académique, une seule chaussure aux pieds. D’un point de vue extérieur, on pourrait croire à une course poursuite avec votre propre survie. Vous accélérez vos mouvements dépourvus de coordination et atteignez suffisamment de vitesse pour sauter. Vous élancez votre pied droit, loin devant, pied nu, jambe tendue, un saut olympique rempli de détermination, à l’image de la prestation du jamaïcain Omar McLeod lors du 110m haie de Rio 2016. Un envol sans fin qui vous laisse même le temps de vous dire que vous auriez peut-être dû élancer l’autre pied, encore chaussé, question de sécurité. Puis en stoppant le temps, le temps d’une fraction de seconde, vous jetez un oeil vers le bas et comprenez que la notion de sécurité ne vous avait point accompagné dans votre folie. Vous survolez la petite berge du bord d’eau. Déséquilibré par le vent, l’adrénaline se manifeste pendant votre saut. Vous atterrissez tant bien que mal dans le fleuve, non loin de rochers, tout près de l’objet. L’eau et sa température glaciale rafraîchissent votre détermination. Tous vos muscles se contractent au contact progressif de celle-ci. Vos vêtements absorbent le contenu du fleuve et vous collent à la peau. Vous ne pouvez plus faire machine arrière, il est trop tard. Vous vous ressaisissez pour ne pas perdre de vue votre objectif et commencez à nager dans le sens du courant, qui ne vous propose aucune autre solution.

La mallette se trouve à une poignées de mètres, ceci dit, malgré vos efforts, elle continue sa route et ne vous attend pas. L’absence de transparence de l’eau vous perturbe mais ne vous fait rebrousser chemin. La petite valise coule et refait surface à plusieurs reprises, tel un dauphin qui sort de l’eau pour respirer, sans employer la même grâce que le mammifère marin.
Bras droit, bras gauche, bras droit, bras gauche… Vos cours de crawl de l’école primaire ne vous avaient jamais autant servi. Vous répétez les mouvements avec une coordination exemplaire, vous en entendez encore la voix du maître nageur qui résonne dans votre tête et accompagne vos gestes. Plus qu’un petit mètre ne vous sépare de votre intérêt, vous y êtes presque. La mallette se met à plonger et gagner en profondeur, vous n’hésitez plus et la suivez. Tête sous l’eau, le courant marin vous draine dans la même direction. Parti à l’aveugle, ouvrir les yeux pour voir où chercher vous est venu à l’idée pendant un instant, mais le souvenir de la couleur de l’eau vous refroidit davantage que sa température ne le fait. Alors vous fouillez, à tâtons, combiné à une nage légèrement instinctive pour rester proche de la surface. Votre apnée faiblement efficace vous rappelle à l’ordre et vous demande d’accélérer vos recherches. La poitrine s’embourbe. Vous devez vous empresser de retrouver la surface. Un sentiment de panique fait son apparition, vous manquez clairement d’air. Après quelques mouvements de brasse au-dessus de votre tête, en direction du ciel, vous sortez enfin votre tête de l’eau. Un profond instant d’inspiration vous libère. Vous en avalez involontairement quelques gorgées d’eau, au goût salé, ce qui vous dégoutte autant que l’idée d’avoir ingurgité de cette eau sale.

Vous reprenez rapidement vos esprits quand, d’un mouvement de nage statique vous permettant de rester en surface, vous heurtez quelque chose de solide. La mallette ! Il s’agit bien de cette maudite mallette, elle à l’origine de cet embarras. Vous la saisissez de votre main droite par sa poignée. Vous nagez comme vous le pouvez en direction de la rive, main serrée, bien décidé à ne pas laisser échapper l’objet. L’intensité de la pression exercée sur la poignée de la mallette serait capable de la faire céder. Elle ne vous quittera pas, vous en avez décidé ainsi.

Quelques dizaines de mouvement après, vous voilà un pied à terre. Vous avancez et vous échouez sur la bande de terre boueuse, tel un poisson mort déposé par les vagues. Vous restez là, sans bouger, pendant une longue minute. Face contre terre, pieds à la mer. De légère vagues caressent vos mollets. Vos cheveux, mouillés, s’élèvent partiellement avec le souffle qui longe l’intégralité de votre corps. Le bruit de l’eau vient délicatement frapper la rive et vous fait perdre tous repères. Les yeux fermés, vous ne savez plus vous situer. Vous vous demandez qu’est-ce qui a bien pu vous passer par la tête pour en arriver là. Vous ouvrez les yeux. Le monde est à la verticale. Au prolongement de votre bras, elle est bien là, vous reconnaissez sa matière cuir, son noir ténébreux. Vous pliez le bras, d’un mouvement de flexion naturelle du coude, afin de rapprocher la valise de votre buste. D’un mouvement de rotation latérale, vous passez sur le dos. Toujours allongé tel un déchet abandonné sans remords par son propriétaire. D’un coup bref, vous sollicitez difficilement vos abdominaux pour vous relever et vous assoir. Vous posez alors la valise sur vos genoux remplis de sable humide. Elle vous fait face. Sa conception main vous percute et vous fait sourire, vous êtes obstiné dans votre illumination et  certain de trouver tout ce que vous recherchiez à l’intérieur. Deux attaches de fermeture maintiennent le contenu en sécurité. Vous ouvrez le premier, d’un mouvement de pouce allant de bas en haut, avant d’entendre un magnifique bruit de déverrouillage métallique. Vous êtes à la moitié, à seulement quelques secondes du trésor perdu. Les quatre doigts de votre main droite posés sur la surface supérieure de la mallette, votre pouce armé sur la dernière fermeture en lice pour garder enfermé son contenu. Vous prenez une profonde et dernière inspiration, expirez d’un coup bref et déterminé. Vous relevez la deuxième et dernière attache.

D’un mouvement harmonieux, vous relevez la partie supérieure. Un grincement lié à l’usure du mécanisme d’ouverture atteint son paroxysme. La lumière du jour pénètre à l’intérieur et vient détruire l’obscurité en hibernation, ce qui dévoile l’intérieur de la mallette. Vous réalisez alors qu’elle ne déborde pas de billets violets, de verts non plus. Contrairement à ce que vous espériez, elle ne contient en réalité aucun billet. Une poche, peut-être même un sac de velours, noir, celé par une corde. Il renferme sûrement des diamants bleus océan, comme vous l’avez vu dans la plupart des films d’action. Ça vous paraît évident, de toute manière les billets auraient peut-être été numérotés ou endommagés par l’humidité de l’eau.
Vous tirez délicatement sur la corde, dans le but de défaire le noeud. À l’aide de vos deux mains, vous écartez les extrémités du sac. Les joyaux ne répondent pas de leur présence et font seulement parti de votre imagination. En revanche, ce que vous voyez vous laisse sans voix, vous restez bouche bée, pendant de longues secondes vos yeux écarquillés ne clignent plus. Il ne s’agit pas d’une immense fortune, mais ce que vous venez de découvrir changera votre vie. Environ vingt centimètres de long, une quinzaine de large, pour seulement quelques millimètres d’épaisseur. Vous saisissez le trésor à l’aide du pouce et de l’index. Sa présence entre vos doigts empêche tout contact entre eux. Vous le maintenez à la verticale et décidez de le monter à niveau de votre visage. Ce que vous voyez vous démunie de votre être.
Un visage, bouffé par la frustration. Les yeux verts foncés offrent un regard vide, couverts d’une épaisse couche de liquide lacrymal, ce qui accentue la réflection de la lumière dans ceux-ci. La bouche entrouverte, sans le moindre son. Une barbe de trois jours, complétée par quelques gouttes d’eau qui ruissèlent jusqu’en bas de la mâchoire, avant de chuter. Quelques plissements de la peau, traces du temps prolongent les coins extérieurs des yeux. Les cheveux en bataille, drainés en direction des cieux par l’alliance de l’eau et du vent. Le teint clair fait ressortir la couleur intense et profonde des yeux.

Cette personne vous est familière, vous ne la reconnaissez pourtant point. Vous plongez dans son regard. Ce regard vous emmène dans une mallette, face à un homme. Vous comprenez alors que ce que vous détenez entre les doigts, est un verre poli et métallisé, qui réfléchit les rayons lumineux, connu sous le nom de miroir. Ce visage, rongé par l’insatisfaction éternelle, en quête de compléter un manque inexistant, n’est nul autre que le votre. Après plusieurs minutes de confrontation, vous retournez le miroir. Au dos,   est inscrite une phrase, sculptée à la pierre. Vous frottez délicatement les débris liés à la gravure avec votre index, encore humidifié par la baignade. Vous arrivez alors à déchiffrer ceci…

IMG_5391« Ce que tu vois n’est que le reflet de ta noyade. Regarde dans la profondeur de tes yeux et tu y verras ton propre naufrage existentiel. Nous sommes à l’image de ce que nous souhaitons voir… »


Sans mots, vous tournez la tête. Vos pensées naviguent sur les flots. Votre regard se perd et s’évade à la surface de l’eau. Vous apercevez une mouette, très étrangement ressemblante à celle qui tentait, en vain, de défier la météo. Vous reconnaissez son plumage spécifique qui la différenciait des autres. Elle qui tentait de longer le fleuve par les airs, stoppée par le vent contraire. C’est effectivement elle, celle qui vous fut sourire plus tôt. Elle vole et se dirige vers vous. Elle se rapproche encore et encore, et vient se poser sur le sol, à deux mètres de vos pieds. Surpris par la confiance accordée par l’animal sauvage, qui ne s’approche habituellement jamais autant à moins de lui jeter des miettes de pain. L’oiseau se déplace à l’aide de ses pattes, dans votre direction. Vous identifiez sa patte droite, de couleur rouge orangé, plutôt endommagée. Il lui en manque clairement une partie. Plus elle se rapproche, moins vous savez de quelle manière agir. Vous posez le miroir sur votre droite, afin de ne pas l’effrayer, malgré son apparence sereine communiquée. Étonnamment, celle-ci ne vous quitte pas des yeux. Elle se trouve à présent à une trentaine de centimètres seulement. Vous n’avez jamais rien vu de tel, ses yeux, d’un vert foncé, plongés dans les vôtres. Elle monte sur le miroir que vous aviez posé sur le sol et ne bouge plus. Il s’écoule une minute, qui parut éternité, sans le moindre mouvement des deux parties.
Un détail semble vous déstabiliser. Vous baissez les yeux et portez attention au reflet de l’animal dans le miroir. Contrairement à ce que vous voyez d’elle, un plumage en bataille et habillé de taches de pétrole. Le miroir reflète une mouette, au plumage gracieux, propre et lumineux. Ce qui vous surprend par-dessus tout, sa patte, brisée et à moitié manquante est reflétée dans son intégralité.

11 commentaires Ajouter un commentaire

      1. Avec plaisir petit poète !! 😜

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  1. Coucou cher Nicolas ! Je viens de terminer de lire ton texte. Alors tout d’abord, voici les séquences que j’ai le plus appréciées : lorsque ton héros découvre le miroir et qu’il y voit le reflet de son regard ; un oeil vert… C’était très original. Il s’attendait à voir de l’argent, des pierres précieuses et tout compte fait rien de tout cela…juste le reflet de sa défaite et de son amertume… La mouette vient lui ouvrir les yeux…elle voulait qu’il la regarde depuis le début de la première partie de ton histoire…mais il n’avait pas su s’attarder sur elle… J’aime bien lorsque la l’oiseau se pose sur le miroir pour faire montrer sa blessure… d’où le titre de ton histoire : apparences… Tu devrais en écrire encore… elles sont bien menées et nous donnent l’envie de les lire. Bravo encore et très belle continuation dans tes écrits !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup Cécile pour ta lecture et ton commentaire enrichissant ! En effet, plusieurs messages sont à extraire de ce texte et c’est aux lecteurs de s’en charger. Un grand merci pour ces mots une fois de plus réconfortants et à bientôt.

      Pour info, j’ai commencé à lire ton dernier article mais je ne l’ai pas encore terminé. Je le continue progressivement quand j’en ai l’occasion. Je t’en dirai des nouvelles 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Merci Nicolas. Quant au message que tu as voulu retranscrire dans ton texte, je ne sais pas si j’ai pu trouver le bon message que tu as voulu véhiculer mais en tous les cas… ça donnait à réfléchir… Il y avait beaucoup de sensibilité et tu avais raison, je n’aurai jamais trouvé ce qu’il y avait dans la fameuse malette. Merci en ce qui concerne mon dernier article. Hâte d’avoir tes impressions. À très bientôt et bon week-end ! ☺☺

        Aimé par 1 personne

      2. Merci Cécile, comme j’ai pu le préciser, chacun en retire un message différent selon sa perception des choses. Tu auras mes impressions dès la fin de lecture 😉
        À bientôt !

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  2. Andy Ferguson dit :

    Avec attention j’ai lu ton texte en deux parties et comme Cécile ci-dessus j’aime beaucoup le choix de la course et comment tu montres qu’on ne regarde plus la nature de la même façon… J’avais déjà atterri sur ton blog le mois dernier, j’avais beaucoup aimé ta plume !
    On a fait un concours d’écritures avec des images surréalistes en avril, même si la date est « passée » essaie de tenter le coup, on serait ravis de te lire :-).
    Bien à toi,
    A

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Andy pour ta visite et tes lectures ! Ton commentaire me touche beaucoup. Le concours d’écriture est une très bonne idée et malgré la date passée, j’essaierai peut-être de m’y plonger dedans 😉
      À bientôt !

      Aimé par 1 personne

  3. celestine dit :

    J’ai adoré cette suite.
    Bravo tu as un vrai talent évocateur et descriptif. Et les profondeurs de l’être affleurent toujours sous les apparences de la simplicité.
    Rien n’est simple, tout est beau et symbolique, les méandres de la lecture nous emmènent loin dans la réflexion.
    Merci pour ce beau texte.
    Et tes photos sont magnifiques sur IG.

    Bisous
    ¸¸.•*¨*• ☆

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Célestine,
      Merci pour ta lecture et pour ce commentaire. Les apparences ne transmettent parfois que ce que l’on pense de soi dans le fond.
      Un grand merci pour ces louanges particulièrement touchantes et merci d’être passée visiter mon IG.
      À bientôt 😊

      Aimé par 1 personne

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